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Illustration: Cesar à Alexandrie - Yann Coudrier Cesar à Alexandrie (Version Intégrale)
Enregistrement : Audiocite.net

Lu par Christophe
Livre audio de 18min - Fichier Mp3 de 16,8 Mo

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1547 - Téléchargements - Dernier décompte le 22.11.14


Photo: Seb Ulysses
Certains droits réservés (licence Creative Commons)


Musique: Ravel's Bolero

GREC : TROIS ELEVES DU COLLEGE LAUREATS DU CONCOURS ATHENA.

Des élèves de la classe de Mme ALCAZAR-JOLLY ont participé au concours national de Civilisation grecque. Ce concours a pour objet de mesurer la connaissance qu'ont les élèves du monde grec et aussi leur sensibilité culturelle à l'égard de ce monde et leur aptitude à l'exprimer.
Les candidats sont des élèves hellénistes ou latinistes des classes de 4e et de 3e. Ce concours reçoit l'appui de l'Education Nationale ainsi que de nombreuses personnalités telles que Jacqueline de Romilly de l'Académie française, l'ambassadeur de Grèce et de prestigieux écrivains.
Au début de l'année scolaire, un thème de recherche est communiqué sur lequel les élèves volontaires travaillent aidés de leur professeur. Cette année le thème de recherche portait sur : « Alexandrie, entre Antiquité et modernité. » Au mois de janvier, les élèves composent. Le sujet leur demandait de raconter l'arrivée de Jules César à Alexandrie, son désir d'aller immédiatement à la bibliothèque et au musée où il était reçu par le prêtre des Muses et le bibliothécaire qui narraient la splendeur alexandrine. Les copies sont ensuite transmises par leur professeur à ATHENA et corrigées par des professeurs de Lettres classiques, les résultats sont connus au mois de mai. Seuls vingt élèves sont retenus au niveau national.
Le collège de Fontenilles a l'immense honneur d'être cette année le seul établissement de France à compter trois lauréats sur mille cinq cents participants : Yann COUDRIER, Estelle GRENIER et Adrian ROLLAND.
Ils gagnent un voyage d'une semaine en Grèce au mois de juillet. Ils y seront reçus avec tous les honneurs, en représentants du philhellénisme français par les plus hautes personnalités helléniques : ministres, Président du Parlement, Président des Armateurs. Ils sont aussi accueillis par l'Ambassadeur de France le 14 juillet à Athènes.
M. RIFFAULT, Principal du Collège, a soutenu le projet tout au long de l'année scolaire, a tenu à féliciter personnellement chaque lauréat et à leur offrir un cadeau au nom de l'établissement.
Bravo à eux, à leur travail passionné, à leur goût de la connaissance. Ils ont porté très haut les couleurs du Collège.

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Cet enregistrement est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Creative Commons License

Yann Coudrier
CESAR A ALEXANDRIE.



Au départ cela n'avait été qu'une silhouette diaphane, presque irréelle, dans la brume matinale. Juste une étoile qui brillait encore, alors que le ciel s'était éteint.


Soudain, comme sorti du T artare, il l'aperçut enfin, dans toute sa splendeur, entouré d'un halo doré : le phare d'Alexandrie !

Il était magnifique, mieux que toutes les descriptions qu'on lui en avait faites ! Une merveille d'architecture, d'un blanc immaculé, une splendeur de granit et de pierres blanches. Tout en haut, entouré de colonnes, brillait fièrement un gigantesque brasier. Depuis plus de deux siècles il se tenait là, magnifique colosse guidant les marins. Même lui, Ô grand César, Imperator, avait du mal à garder les yeux ouverts devant tant de grâce. Comme si toutes les beautés du monde s'étaient réunies en un seul endroit. Il aurait pu rester des heures, sur ce vaisseau à contempler le phare, son toit élancé surmonté d'une statue, car sa seule vue l'emplissait d'un bonheur exquis.

Il admirait cette construction, le premier étage, d'un rectangle parfait, s'envolait pour en toucher un deuxième plus réduit de forme octogonale et le dernier, rond, de courbes si parfaites était le plus petit. Le tout semblait toucher le firmament pour rejoindre les cieux. Pourtant il dut quand même baisser les yeux devant cette délicieuse apparition ; une autre tâche l'attendait...


Le vent étant favorable, le vaisseau entra dans le grand port. Le deuxième avait plutôt mauvaise réputation ; il fut appelé « Eunostios », le bon retour, par antiphrase. Nombreux étaient les navires qui s'étaient échoués sur ses récifs dangereux.

César longea l'Heptastade, construction pharaonique reliant la ville d'Alexandrie d'Egypte à l'île de Pharos. Séparant la baie en deux il permit la construction de deux ports.

Finalement, le navire accosta enfin au port privé de Ptolémée, se trouvant lui-même dans le Mega limen. Jules César, accompagné de ses licteurs, mit pied à terre. La brume était tombée, le soleil resplendissait. Il fut accueilli par le grand prêtre des Muses qui s'exclama en ces mots :

- « Ave Caesar ! Bienvenue à Alexandrie, Ville des villes, Reine de l'orient !

- Ave mon ami, répondit-il »


Le prêtre prit un temps pour observer cet homme qui était sans nul doute un grand. Il était imposant, non pas par sa taille, mais par cette chaleur qui émanait de lui. Quelque chose dans sa voix forçait à l'humilité. On lui avait souvent narré qu'il fallait se méfier de ce grand orateur, il prévoyait, dit-on, de sombres desseins pour l'Egypte.

« - Je suis le grand prêtre des Muses, officiant au Museïon, pour vous servir. Quels sont vos souhaits ?

- J'ai ouï dire, dit le monarque, que vous vantiez les mérites du Museïon. Mais qu'en est-il vraiment ? Faites-le moi voir puisque tel est le désir de Jules César ! Et parlez moi de votre ville, elle me semble... curieuse.

- Notre ville est construite selon les principes de la ville idéale d'Aristote. Son plan est hippodamien, ses rues sont spacieuses et se coupent à angles droits. Deïnokrates de Rhodes a construit cette cité en forme de chlamyde, lourd manteau des cavaliers, et de telle façon qu'en été, une brise vient refroidir les corps pendant les fortes chaleurs. Nos murailles sont si grandes que lorsqu' Alexandre le Grand les traça, il manqua bientôt de craie et dut utiliser de la farine.

- Mais pourquoi avoir choisi Aristote ?

- Parce qu' Aristote était le précepteur d'Alexandre, qui fonda notre ville. Si vous le permettez, je vais vous faire découvrir quelques-unes des merveilles d'Alexandrie avant d'aller au Museïon.

- Soit ! Mais aucune ville, à moins que ce ne soit la mienne, ne peut prétendre au titre de Ville des villes. »


Alors César guidé par le grand prêtre s'en alla à travers le dédale des rues alexandrines. Ils longèrent la rue des palais. Les grandes demeures des rois de jadis semblaient les regarder du haut de leur deux siècles d'histoire. On peut dire qu'elles en avaient vu du monde : des rois, des savants, des poètes... Chaque souverain se construisait un nouveau palais, accolé aux anciens, à tel point que le quartier des palais, le basileïa, atteignit le quart ou le tiers de la ville, semblable à un puzzle infini.

A force de marcher, ils arrivèrent à l'intersection de la rue des palais et de la voie Canopique. Au centre s'élevait magistralement le Séma, tombeau d'Alexandre, pyramide colossale couvrant un dôme. A l'intérieur, dans un sarcophage en cristal, se trouvait la dépouille du roi, reposant à jamais dans cette ville qu'il fonda. Autour, dans des chapelles, les rois lagides vivaient des douceurs des Champs Elyséens.

La voie Canopique était magnifique, grouillante de monde, si grande que les chars et les piétons pouvaient circuler en toute tranquillité. L'Imperator ne savait où poser son regard, la rue n'était que splendeurs et magnificence. Les colonnes, si nombreuses, s'emmêlaient. On trouvait ici un obélisque, là un sphinx. Un savant mélange de l'art grec et égyptien. Ils passèrent à côté de somptueux monuments. Chaque quartier, dénombré au nombre de cinq, portait le nom d'une lettre grecque : Alpha, bêta, gamma, delta, epsylon, chacune assemblée formait la phrase :

« Alexandre, le roi, descendant de Zeus, a construit une ville à jamais égalée. »


Quand le soleil fut à son zénith, ils amorcèrent un retour en arrière. César allait enfin savoir si Alexandrie méritait sa réputation.


Un parfum enivrant de fleurs, mêlé au chant des oiseaux, envahit l'atmosphère. En face de Caesar se dressait, illuminé par le soleil : le Museïon.

Il traversèrent le péripate, jardin du musée et arrivèrent devant le portique. On pouvait apercevoir les savants qui travaillaient. Le prêtre des Muses s'adressa à César :

« - voici le Museïon. C'est ici que se sont rencontrés les plus grands savants. Les pensionnaires sont logés, nourris et exemptés d'impôts.

- Dites-moi, j'ai remarqué la quantité extraordinaire d'étrangers, pourquoi ?

- Alexandrie est une ville cosmopolite. On peut y trouver différentes civilisations mais seuls les alexandrins d'origine grecque peuvent être citoyens. Les juifs, par exemple, ont une juridiction propre et ne peuvent participer à la vie de la ville. Beaucoup d'étrangers ont immigré à Alexandrie pour faire fortune. Le commerce y est très rentable et... »


L'érudit n'osa pas utiliser le terme de comptoir du monde de peur de vexer le grand César. Il venait d'oublier que se tenait devant lui l'un des plus grands chefs d'Etat. Finalement le potentat reprit la parole :

« - Faites-moi visiter ce fameux Museïon, il serait dommage de rester sur le pas de la porte alors que je touche au but. »


Ainsi, le prêtre précédé de César et de ses licteurs pénétrèrent-ils dans le musée. Tous déambulaient à travers les salles du Museïon, le prêtre donnant une explication pour chacune d'entre elles.

Ils traversèrent le zoo, l'observatoire astronomique, la salle des cours magistraux et les salles plus petites où les maîtres enseignent aux élèves, le jardin botanique et les laboratoires. Toutes ces choses firent forte impression sur César. Ayant entendu que les alexandrins avaient développé l'art de poliorcétique, il se dit que cela aurait été une aide précieuse à Rome. Quand j'aurai conquis l'Egypte, pensa-t-il, je garderai la population telle quelle au lieu de la soumettre cela me fera profiter pour Rome des bienfaits de la connaissance.

« - Maintenant, s'exclama le grand prêtre, allons à la bibliothèque ! »


Ô glorieuse bibliothèque ! C'est en ton enceinte que convergent toutes les connaissances du monde. Ce sont tes épimelètes qui furent les plus grands !


La bibliothèque était remplie de bybloî symïgeis (rouleaux compositaires) et de bybloï amigeis (rouleaux simples). Quand l'Imperator et son guide y pénétrèrent, ils trouvèrent l'épimelète qui s'exclamait :

« Ô sois béni de Sérapis, Callimaque, pour avoir inventé un catalogue qui répertorie toutes les oeuvres. Tu rends ma tâche plus simple ! »

Absorbé par son travail, le bibliothécaire ne vit pas tout de suite les étrangers. La bibliothèque était remplie de rouleaux, chacun d'eux, étiqueté et rangé dans des alcôves. Finalement, ce dernier leva la tête, apercevant l'empereur il dit :

« - Ave Caesar !

- Ave épimelete, dit le souverain, conte à César en quoi consiste ta tâche, je veux savoir. »

- Je suis épimelete, mon poste fut créé par Ptolémée II Philadelphe quand la collection de papyrus devint importante. Le premier d'entre nous fut Zénodote. Parmi les plus célèbres on peut compter Eratosthène, Aristophane et Callimaque. C'est ici également que sont entreposés les travaux des savants du Museïon.

- J'ai beaucoup entendu parler de ces savants, notamment lors de ma visite du Musée, mais qu'en est-il vraiment ?

- Beaucoup de philosophes vinrent à Alexandrie, les conditions y étaient propices. Ils pouvaient continuer leurs travaux, avoir accès à la bibliothèque en toute tranquillité. Ils ne sont pas que philosophes. Ils étudient aussi la géographie, les mathématiques, la physique... Le musée est conçu sur le modèle des écoles philosophiques athéniennes. Grâce à tout cela nous avons fait d'énormes progrès ! Par exemple, en mathématiques grâce à Euclide ou Archimède. En médecine, Eristrate et Hérophile ont pratiqué la vivisection sur des condamnés à mort, ce qui nous a permis une meilleure connaissance du système veineux et cardiovasculaire... En physique, Eratosthène a calculé la longueur du rayon de la Terre et s'est rendu compte de sa rotondité...

- Mais la Terre est plate !

- En êtes-vous sûr ? Aristarque a calculé la distance séparant la Terre de la Lune et émis l'hypothèse, totalement fausse, que la Terre tournait autour du Soleil...

- Dites-moi, pourquoi réunir autant de savoir ?

- C'est Démétrios de Phallène qui proposa l'idée aristotélicienne du savoir absolu à Ptolémée I Soter. Celui-ci venait de recevoir l'Egypte après la mort d'Alexandre, il acquiesça immédiatement. Démétrios construisit donc le musée. Au départ cette bibliothèque n'était qu'une annexe. L'idée était de réunir dans un même endroit toutes les lumières du monde. Tous deux mirent du coeur à l'ouvrage, ils mirent en place des chasseurs de livres qui étaient envoyés par tous les pays à la recherche d'écrits. Chaque navire qui accostait était fouillé, les manuscrits trouvés étaient réquisitionnés, entreposés dans des apothékaï avant d'être recopiés. En fonction de sa valeur, l'original ou la copie était rendu. Les manuscrits qui n'étaient pas signés étaient étudiés par des philologues. Un jour, Ptolémée Ier emprunta aux athéniens des exemplaires de Sophocle d'Euripide et d'Eschyle sous caution de quinze talents d'argent. Il les fit recopier et renvoya les copies à la place des originaux. Il leur fit, cependant, garder les quinze talents... Puis les rouleaux devenant de plus en plus nombreux, le souverain de l'époque fit construire une nouvelle bibliothèque dans le temple de Sérapis : le Sérapeïon.

Sérapis est un dieu à la fois grec et égyptien. Il s'apparente un peu à Osiris. Il est coiffé en corbeille avec des épis de blé... »


César et l'épimélete conversèrent longuement et le soleil finit par se coucher. Il était temps de partir.


Qui aurait cru devant tant de splendeurs que l'Egypte, déchirée, déclinait lentement ?


Le potentat et le grand prêtre prirent congé, laissant le bibliothécaire seul. Celui-ci se mit à songer.


Qu'arriverait-il à sa belle bibliothèque, à ses livres qui lui étaient si chers ? Se souviendrait-on de tout ce savoir, de tout le travail nécessaire à réunir tant de connaissances dans un même endroit ? Alexandrie était-elle condamnée à flétrir ? Etre une ville unique ne revient-il pas à être une ville éphémère ?


Malgré tout pensa-t-il, quand bien même Alexandrie disparaîtrait, le souvenir de ces jours anciens resterait gravé dans les mémoires. Peut-être qu'une nouvelle bibliothèque serait rebâtie. Elle serait couverte de toutes les écritures du monde, les alcôves des murs rappelleraient l'endroit où je range mes précieux parchemins, et les colonnes en forme de papyrus rappelleront qu'ici, il y a des milliers d'années, se dressait fièrement la plus grande bibliothèque de tous les temps, lieu du savoir absolu : la bibliothèque d'Alexandrie d'Egypte.


Qui savait de quoi l'avenir serait fait ?

Yann Coudrier.


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