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SOIR D'éTé

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François SCHNEBELEN
Marié, papa d'une petite fille, François habite un petit village de Charente-maritime. Ses genres de prédilection sont la science-fiction, le fantastique, l'imaginaire en général. Il aime bien délirer sur son quotidien et le redéfinir avec des si.
Aussi publié dans des fanzines et sur un autre site du net (Anice-fiction.com), il est à la recherche des avis des lecteurs sur ses oeuvres.

Un soir d'été, Francis prend sa voiture pour chercher des pizzas.
Le début d'une nouvelle vie pour lui...




Texte ou Biographie de l'auteur

François Schnebelen
Soir d'été

En cette fin Juin, la soirée traînait en longueur. Le soleil se retenait avant de sombrer derrière la colline, et de laisser la nuit lui succéder sur une relative fraîcheur. Au volant de sa voiture, Francis revenait de la ville à côté. L'habitacle sentait bon les pizzas : dîners de ce samedi. Les virages et lignes droites en lisière de forêt s'enchaînaient à bonne allure.
Soudain, quelques mètres devant l'auto, un arbre vacilla, puis tomba en travers de la route. Francis ne réagit pas de suite, n'enregistra qu'à grande peine l'obstacle qui lui barrait la voie, alors qu'elle était encore libre quelques secondes auparavant. Toutefois, son pied droit n'en écrasa pas moins la pédale de frein. Les pneus griffèrent alors l'asphalte sur leur passage, l'habitacle sembla se déformer sous la tension subie, les images de la vie de Francis défilèrent à ses yeux.
Finalement, la collision fût évitée d'extrême justesse. Un vrai miracle ! La calandre dans le feuillage témoignait du sérieux de l'alerte. Chancelant, la sueur au front, Francis sortit et, à la vue du mastodonte qui avait attenté à ses jours, remercia le ciel de l'avoir épargné. Les odeurs du caoutchouc brûlé, des freins malmenés et des pizzas éjectées de leurs emballages se disputant la possession du véhicule, lui rappelaient la chance d'être encore de ce monde.
Francis s'en rendit bien compte, rentra tout chamboulé par les évènements, la parole lui manquant pour expliquer à sa femme l'état déplorable du repas. Dès son arrivée à la maison, il l'embrassa, ainsi que sa petite fille de quelques mois : sa famille qu'il avait été si près de perdre par un malheureux hasard. Il se promit de profiter au maximum du temps qui lui restait, la vie pouvait être si courte.

Cet épisode entraîna une nouvelle ère pour Francis, le début d'une chance insolente. En effet, la semaine d'après, il joua au loto et gagna le gros lot historique de cent millions d'euros. Sa femme et lui en profitèrent pour démissionner de leurs emplois respectifs, devinrent de jeunes retraités qui se consacrèrent à leur enfant et à leurs passions. D'autres jeux de hasard victorieux augmentèrent la fortune familiale.
Francis exauça un voeu d'enfance et acquit un château aux nombreuses dépendances et jardins dans un coin reculé de la campagne. A l'abri des soucis matériels, le couple prit en charge l'éducation de leur fille qui s'épanouit dans le cocon tissé autour d'elle.
Francis se mit à écrire les romans que sa tête recelait, les publia dans la maison d'édition créée pour l'occasion et qui révèlerait nombres d'auteurs de talent de science-fiction et de fantastique. Sa femme s'installa devant un chevalet, toute à sa joie de peindre des toiles qui s'exposèrent dans les galeries du monde entier.
Dans le même temps, ils forcèrent le respect par leur investissement dans les associations caritatives. La famille fit souvent la Une des journaux de célébrités qui ne lui reprochèrent jamais rien, car elle filait le parfait amour, incarnait un idéal, sans connaître d'ombre à son tableau idyllique.
Francis ne se lassait pas de cette vie, éprouvait le plaisir sans cesse renouvelé de se réveiller à côté de sa moitié, de voir leur progéniture grandir en taille et en intelligence. Même s'il le niait encore, à présent, il s'agissait d'une belle jeune femme, courtisée par les meilleurs partis.

Aucune fausse note n'entachait la valse des mois. Francis s'interrogeait souvent sur cette étrangeté qu'il interprétait comme une renaissance, consécutive au drame évité. Ce soir-là, il s'était attiré la bienveillance céleste. Parviendrait-il à la mériter par sa foi sans faille, son soutien à l'Eglise ? Pas sûr, car il n'était pas évident d'éviter de sombrer dans la facilité, d'écouter la misère, le malheur qui parsemaient la planète et d'y répondre, alors que tout lui tombait dans les mains.
Heureusement que ses rêves lui permettaient de conserver la tête sur les épaules. Au matin, ils s'envolaient, mais lui laissaient un goût d'inachevé dans le cerveau. Au fil des années, ces traversées oniriques se renforcèrent, tendirent à se prolonger les journées sous la forme de voix qui le hantèrent de leur présence.
Au début, incompréhensibles, trop lointaines, aujourd'hui, pour la première fois, Francis entend de terribles et intelligibles paroles : « Maman, c'est quand que papa se réveillera ? Il dort depuis si longtemps ! » « Je ne sais pas ma chérie. Personne ne le sait, depuis l'accident qui l'a plongé dans ce coma. »

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